Je fais très souvent rire les autres, et bien souvent malgré moi. On m'a toujours collé l'étiquette du clown de service, la p'tite marrante qui faisait des grimaces et disait avec culot et affront ce que tout le monde disait tout bas. En même temps, ça m'arrangeait, la cote de popularité monte, tu passes pour "sympa", les gens disent qu'ils te connaissent alors que toi tu te souviens même pas de leur tête. Tu ne peux pas t'empêcher de mettre une boutade dans tes devoirs écrits, d'ailleurs ça te vaudra un joli 13 en philosophie à la fin d'année de terminale (alors que tu n'as jamais eu la moyenne de l'année), un devoir sur l'amour, et un joli 7 coefficient 7 au bac. Peut être n'aurai tu pas dû parler des antécédents traumatisants de Mickael Jackson? Passons.
Plus les années passent, plus tu aimes l'humour noir, Bigard, ça va bien 5min, l'humour pipi-caca-con-cul-bite-couilles, très peu pour toi. Seulement, les gens avec lesquels tu évolues (ou régresse, au choix) ils aiment. Alors toute la culture amassée pendant ton enfance grâce à tes parents et à les lectures diverses et variées, tu la perds au profit de ces ânneries, pour rentrer dans le moule.
Arrive la fin des années collège, ou après avoir croisé pas mal d'imbéciles heureux, tu rentres au lycée. Enfin. Ton prof d'art plastique te pistonne et tu es prise dans la filière du même nom en seconde. Mais, avec ton dédain naturel, tu décides que même si c'est ce que tu aimes par dessous tout, avoir un bac avec mention arts plastiques, ça mène à quoi? Alors tu tentes le tout pour le tout : section européenne anglais dans un lycée privé. Et tu es prise, tu es contente, ça fera bien ça, sur le papier du bac. En plus, tu vas quitter tous les crétins que tu n'aimais pas de ton collège, voir des nouvelles têtes, t'éclater? Non.
Arrivée là bas, tu constates que bon, c'est un autre monde, une mentalité bizarre, mais tu noues des liens quand même avec des gens intéressants (ou pas). Tu passes des trois années sans embûches, avec des hauts et des bas, des profs intéressants et des cons. Tu constates dès la seconde avec ton prof de français préféré qui ne t'accompagnera que deux années sur trois que peut être tu t'es gourée de filière. Peut être. Cet homme te rappelles combien la culture est importante, les arts, enfin bref, tout le tralala. D'ailleurs, c'est une oeuvre d'art à lui tout seul, un être mystique et loufoque, blindé d'humour et de savoirs. Tu l'as fais rire aussi, lui, un jour que tu avais décidé de prendre la composition au lieu du commentaire.
"Melle G., j'ai lu votre texte humouristique, j'ai ris. Le souci, c'est que j'ai lu votre texte dramatique, j'ai ris aussi."
Soit. Tant que ça passe, tout va bien.
Tu continues ton bonhomme de chemin, jusqu'en terminale où tu croises LE prof de philo. Pas le sympa, non, le type graisseux, cheveux blonds pisse, sadique à mort. Toi qui pensais aimer la philo... Raté. Il te dégoûte, t'humilies publiquement, jusqu'au dernier mois où, comble de bonheur, tu obtiens ce fameux 13 à un devoir sur l'amour (dans lequel tu t'étais bien défoulé, tu avais hésité, et ta fougue légendaire l'emportant, tu avais gratté). Ce jour là, il te dira :
"Ah, bien voilà, Melle G., nous y sommes arrivés ! Vous voyez, quand on veut, on peut. Je suis content de vous. Et vous m'avez bien fait rire. Comme quoi il ne faut pas désespérer !".
Il vous avait aussi dit :
"Quel caractère de chien ! Non mais vraiment, vous êtes butée, têtue comme une mule ! Ce que je vous dit là, je ne vous l'apprend pas (Vous aviez souri et dit tranquillement, non non)? Votre scolarité est à l'image de votre exposé, ni trop bien pour qu'on vous félicite, ni trop mauvais pour qu'on vous blâme, je me fais pas de souci pour vous, vous êtes intelligente, vous l'aurez, votre bac. Mais pas avec les notes que vous pourriez avoir, si vous bossiez. Faudra vous y mettre tôt ou tard, parce qu'un jour ça ne passera plus, mais tant que ça marche, vous avez raison, pourquoi faire plus?"
Il avait pas tord. Ton bac, tu l'as eu à un chouilla plus que la moyenne. Et pas grâce à la philosophie, littérature, histoire-géo. Non. Grâce au sport, ton écrit de français en première, la SVT, et les langues. Mais pas de mention européenne. Comme quoi, t'aurai dû faire arts plastiques.
Je fais toujours rire les autres, mais les autres, du moins une grande partie, m'emmerdent.
Plus les années passent, plus tu aimes l'humour noir, Bigard, ça va bien 5min, l'humour pipi-caca-con-cul-bite-couilles, très peu pour toi. Seulement, les gens avec lesquels tu évolues (ou régresse, au choix) ils aiment. Alors toute la culture amassée pendant ton enfance grâce à tes parents et à les lectures diverses et variées, tu la perds au profit de ces ânneries, pour rentrer dans le moule.
Arrive la fin des années collège, ou après avoir croisé pas mal d'imbéciles heureux, tu rentres au lycée. Enfin. Ton prof d'art plastique te pistonne et tu es prise dans la filière du même nom en seconde. Mais, avec ton dédain naturel, tu décides que même si c'est ce que tu aimes par dessous tout, avoir un bac avec mention arts plastiques, ça mène à quoi? Alors tu tentes le tout pour le tout : section européenne anglais dans un lycée privé. Et tu es prise, tu es contente, ça fera bien ça, sur le papier du bac. En plus, tu vas quitter tous les crétins que tu n'aimais pas de ton collège, voir des nouvelles têtes, t'éclater? Non.
Arrivée là bas, tu constates que bon, c'est un autre monde, une mentalité bizarre, mais tu noues des liens quand même avec des gens intéressants (ou pas). Tu passes des trois années sans embûches, avec des hauts et des bas, des profs intéressants et des cons. Tu constates dès la seconde avec ton prof de français préféré qui ne t'accompagnera que deux années sur trois que peut être tu t'es gourée de filière. Peut être. Cet homme te rappelles combien la culture est importante, les arts, enfin bref, tout le tralala. D'ailleurs, c'est une oeuvre d'art à lui tout seul, un être mystique et loufoque, blindé d'humour et de savoirs. Tu l'as fais rire aussi, lui, un jour que tu avais décidé de prendre la composition au lieu du commentaire.
"Melle G., j'ai lu votre texte humouristique, j'ai ris. Le souci, c'est que j'ai lu votre texte dramatique, j'ai ris aussi."
Soit. Tant que ça passe, tout va bien.
Tu continues ton bonhomme de chemin, jusqu'en terminale où tu croises LE prof de philo. Pas le sympa, non, le type graisseux, cheveux blonds pisse, sadique à mort. Toi qui pensais aimer la philo... Raté. Il te dégoûte, t'humilies publiquement, jusqu'au dernier mois où, comble de bonheur, tu obtiens ce fameux 13 à un devoir sur l'amour (dans lequel tu t'étais bien défoulé, tu avais hésité, et ta fougue légendaire l'emportant, tu avais gratté). Ce jour là, il te dira :
"Ah, bien voilà, Melle G., nous y sommes arrivés ! Vous voyez, quand on veut, on peut. Je suis content de vous. Et vous m'avez bien fait rire. Comme quoi il ne faut pas désespérer !".
Il vous avait aussi dit :
"Quel caractère de chien ! Non mais vraiment, vous êtes butée, têtue comme une mule ! Ce que je vous dit là, je ne vous l'apprend pas (Vous aviez souri et dit tranquillement, non non)? Votre scolarité est à l'image de votre exposé, ni trop bien pour qu'on vous félicite, ni trop mauvais pour qu'on vous blâme, je me fais pas de souci pour vous, vous êtes intelligente, vous l'aurez, votre bac. Mais pas avec les notes que vous pourriez avoir, si vous bossiez. Faudra vous y mettre tôt ou tard, parce qu'un jour ça ne passera plus, mais tant que ça marche, vous avez raison, pourquoi faire plus?"
Il avait pas tord. Ton bac, tu l'as eu à un chouilla plus que la moyenne. Et pas grâce à la philosophie, littérature, histoire-géo. Non. Grâce au sport, ton écrit de français en première, la SVT, et les langues. Mais pas de mention européenne. Comme quoi, t'aurai dû faire arts plastiques.
Je fais toujours rire les autres, mais les autres, du moins une grande partie, m'emmerdent.
(La photo on n'y touche pas ou on demande, c'est la mongolfière de mon parrain).
